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      DG ARCT

Télésphore IRAMBONA

Général de Brigade

Le Burundi a abrité le 4ème atelier régional sur la gestion des DEEE et le groupe de travail 7 de l’EACO au restaurant la Détente du 18 au 22 mars 2019. Les Pays qui ont participé à cet atelier sont le Burundi, le Rwanda, la Tanzanie, le Kenya et l’Ouganda.

Le flux important d’équipements électriques et électroniques entrant régulièrement dans nos Pays constitue un facteur de développement socio-économique de nos Pays. Mais au-delà de cet aspect, la question qui se pose est de savoir à quoi est destiné ce matériel une fois qu’il est hors d’état de fonctionner.

 

Cet évènement s’inscrit dans le cadre d’échanger sur les avantages d’une approche régionale dans la gestion des déchets des DEEE. L’objectif primordial est d’évaluer l’état de la mise en œuvre de la stratégie régionale sur la gestion des déchets des DEEE par les Etats membres de l’EACO ainsi que la mise en place des mécanismes harmonisés de sa mise en œuvre. Cette session est aussi une bonne occasion de la sensibilisation des parties prenantes et des Décideurs au soutien tant moral que matériel pour la réussite de la vision: «vers zéro impact négatif des DEEE dans nos Pays membres de l’EACO ».

La situation des déchets des DEEE au Burundi se présente comme suit: on assiste à un taux très élevé de production de ces déchets suite au flux important d’équipements électriques et électroniques entrant régulièrement sur le territoire du Burundi.

En guise d’exemple, dans les trois années successives (2014, 2015 et 2016 l’association GLICE-Burundi a pu collecter plus de 35 tonnes des déchets d’équipements électroniques. Cette situation est galopante du fait que le projet du Burundi de migrer de l’analogique vers le numérique incite la population d’abandonner les anciens équipements dont les proportions atteignent un niveau assez inquiétant. La question est de savoir à quoi sont destinés ces équipements une fois qu’il est hors d’état d’usage ?

Ces types de déchets nécessitent d’être dégagés de la population du fait qu’ils entraînent des effets néfastes sur l’environnement et la santé publique, compte tenu de la présence d’un certain nombre de polluants dans leur composition chimique.

Dans le but de faire face au danger des DEEE, le Gouvernement du Burundi a consenti beaucoup d’efforts au projet de la suppression des équipements électroniques usés.

Certaines activités ont été mise en œuvre, notamment :

  • Organisation des ateliers de sensibilisations des parties à la collecte des DEEE ;
  • La mise en place d’un comité de pilotage chargé de la gestion des DEEE.
  • L’ARCT a conclu le partenariat avec l’Association GLICE-Burundi qui a déjà franchi le pas en avant pour collecter les DEEE en fin de vie et les exporter en Europe pour la valorisation et la dépollution ;

Signalons que le Burundi a ratifié plusieurs conventions internationales relatives à la gestion des déchets dangereux. On peut citer entre autres :

  • La convention de Bâle(1997) sur le contrôle des mouvements transfrontières des déchets dangereux et leur élimination ;
  • La convention de Bamako (2001) sur l’interdiction d’importation des déchets dangereux et le contrôle des mouvements transfrontières en Afrique ;
  • La convention de Rotterdam (2004) sur le consentement préalable en connaissance de cause applicable à certains produits chimiques et pesticides dangereux qui font l’objet d’un commerce international ;
  • L’accord de Genève signé le 17 juin 2006 pour la transition vers le numérique, où le Burundi, tout comme les autres Pays, a signé l’accord de la migration de l’analogique au numérique pour dire que les autres appareils deviendraient des déchets auxquels le Pays doit faire face.

Sur le plan national :

Il n’existe pas aujourd’hui au Burundi de règlementation spécifique aux produits électriques et électroniques en fin de vie.

Toutefois, il existe des textes réglementaires et législatifs qui ont des liens plus ou moins directs avec la gestion des DEEE. C’est notamment :

  • La Politique Nationale d’Assainissement et sa Stratégie Opérationnelle en son axe 7 qui parle de l’amélioration de la gestion des déchets spéciaux. Le résultat visé par cet axe est que les déchets spéciaux soient correctement traités et entreposés d’une manière qui les empêche de nuire à l’environnement et à la santé publique.

  • Le Plan National de Développement (PND Burundi 2018-2027) en son Axe d'intervention n°9 « Gestion durable de l'environnement », objectif stratégique 2 « Promouvoir la lutte contre la pollution et l’assainissement du milieu » :

         vise un Etat où l’utilisation des dispositifs d’assainissement adéquats permet la protection du milieu de vie et des ressources naturelles et l’amélioration durable du cadre de vie des populations.

  • La Loi n° 1/01/010 du 30 Juin 2000 portant Code de l’Environnement en son article 120 qui prévoit que les déchets doivent faire l’objet d’un traitement adéquat afin d’éliminer ou réduire leurs effets nocifs sur la santé de l’homme, les ressources naturelles, la faune et la flore ou la qualité de l’environnement en général. De même, l’article 123 dispose que tout producteur de déchets industriels doit prendre toutes les mesures possibles pour assurer ou améliorer la gestion écologiquement rationnelle de ceux-ci, appliquer de nouvelles techniques produisant peu de déchets, veiller au stockage et à l’élimination séparée desdits déchets. Ces déchets doivent être éliminés selon leur nature dans des sites ou installation agréés par l’administration de l’environnement.
  • Cet atelier régional de trois jours a permis aux parties prenantes d’examiner et s’approprier de la stratégie régionale de gestion des DEEE mais aussi à travers des tables rondes, l’atelier a permis d’interagir pour discuter des meilleures pratiques, des défis et besoins dans ce sous-secteur.

    Notre souhait qui est aussi le vôtre est que nous allions de l’avant pour la gestion durable des DEEE et que nous atteignions effectivement les avantages d'une approche régionale en matière de gestion des déchets électroniques.